Sunday, November 18, 2007

Poursuite du propos.




(résumé: le Progrès s’étant fourvoyé quelque part entre 1848 et 1948, Melchior prend par la pensée et par le bout son bâton de pèlerin et se propose de revenir en arrière pour voir à quel endroit on a quitté la route).

Les « Lumières » et le cycle des révolutions dites « bourgeoises » ont ouvert la voie au développement et de l’économie de marché et du « capitalisme », les deux notions étant restées commodément confondues aussi bien dans l’apologie ultralibérale que dans la critique marxiste.
Marx et ses successeurs observent que la libre-concurrence, l’expansion, l‘amélioration des conditions de vie, la libération des peuples, s’auto-annihilent et se transforment en leur contraire: la concentration et les monopoles, les crises, la paupérisation, l’impérialisme; et ils en tirent la conclusion que le capitalisme (et le marché avec lui) va de lui-même à sa perte, et que les masses prolétariennes, s’emparant (le plus tôt sera le mieux) du pouvoir d’Etat, instaureront le socialisme, et dans la foulée le communisme, fin de l’Histoire.

Cette perspective de révolution dite « socialiste » était fausse, et pour deux raisons.

La première est que l’effondrement spontané du système capitaliste n’a pas eu lieu et n’aura pas lieu: il est capable de se régénérer indéfiniment.

La deuxième est que le mouvement ouvrier est durablement incapable de substituer à la vieille société une nouvelle, viable, qui soit fondée sur un autre type d’organisation économique que l’économie de marché.

On a vu que les masses, ne pouvant exercer leur pouvoir directement, le confient à un parti, qui le confie à son comité central, qui le confie au secrétaire général, qui ne le confie plus jamais à personne, et que la transformation en son contraire de la libération tant attendue, est encore plus rapide, voire foudroyante, en régime dit « socialiste » qu’en société libérale. Il ne peut guère en être autrement: si on fonde la répartition de la production et la division du travail sur autre chose que la confrontation de l’offre (rentable) et de la demande (solvable) des biens et services, il ne faut pas s’étonner de se retrouver sous l’emprise de la loi du plus fort, c’est-à-dire de la dictature d’une nomenklatura. Voir les livres d’Orwell…

Dès lors, que faire ?
(oh l'insoutenable suspense; à suivre)

3 Comments:

Anonymous JKG said...

Ah, le communisme, sa façon remarquable de récompenser les héros du travail... l'exemple le plus récent est certainement l'employé du mois chez McDonald's, qui utilise lui aussi le jaune sur fond rouge... en fait, les deux sont si proches, la confiscation du pouvoir par une élite étroite (de nombre comme d'esprit, avec notamment l'incapacité d'innover) avec un discours officiel qui sonne faux, à mille lieues de la réalité, cette célèbre langue de bois. De quoi s'interroger sérieusement sur la perversion du pouvoir ?

18/11/07  
Anonymous Nevrosia said...

Mazette ! Mais il est revenu ???
JKG file à la cuisine !!!! Non mais !
Voilà, on les laisse s'exprimer une fois sur un de nos blogs préférés et après ils reviennent squatter. Ne t'inquiète pas Melchior, je vais remettre de l'ordre dans tout ça !

Euuuuuh sinon je dis tout pareil que lui, mais en mieux ! :-D

18/11/07  
Blogger Melchior Griset-Labûche said...

Message à un pauvre prisonnier confiné dans sa cuisine:

Ce serait un beau sujet d'étude, la manière dont le capitalisme d'Etat soviétique importait les techniques managériales de l'Occident (Lénine et Trotsky: "il nous faut du fordisme, du taylorisme", et plus tard Kossyguine réhabilitant le profit comme indicateur de gestion...), et inversement les Américains important celles de l'Urss, l'exemple que tu donnes, mais aussi la planification autoritaire dans les grandes entreprises (ce dont ils sont revenus).
"Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument". Le remède réside dans la démocratie et ses contre-pouvoirs, mais il n'agit pas de façon automatique, c'est un combat... J'avais aussi deux mots à dire sur la république, ce sera pour une autre fois.
(Voir plus bas sur le syndicalisme et le Travail).

Message à une farouche gardienne de l'ordre:
Je répète: le pouvoir absolu corrompt absolument...

19/11/07  

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