Wednesday, December 05, 2007

Décroissance ou développement durable.

(petite digression pas inutile)

Evoquer la « décroissance » comme réponse aux maux de cette planète et de ses habitants, c’est hérisser les économistes, presque toutes tendances confondues, pour qui décroissance veut dire diminution de la valeur produite, consommée, répartie, accumulée. Cela ne semble pas du tout aller dans le sens du but recherché: prospérité économique et sociale dans l’équilibre écologique retrouvé.

On a besoin de plus d’eau potable, de plus d’énergie, de plus de soins médicaux, de plus de services éducatifs et d’instruments de loisirs, de plus de nourriture même. Et de beaucoup plus de moyens pour les produire tout en diminuant le temps de travail de chacun.

Sans doute tendons-nous à être trop nombreux. Mais pour stabiliser la population, la délicieuse méthode Malthus-Gandhi ne suffit pas, à l’évidence; il faut plus de moyens contraceptifs et plus de moyens de production et d’information pour les produire et populariser… On obtient aussi de bons résultats, et une « transition démographique » plus sûre, par l’augmentation du niveau de vie et l’éducation: cela suppose davantage de biens de consommation, et non pas moins.

Et tout cela demande plus, et non pas moins, d’investissements en recherche et développement scientifique. Au total, c’est une forte croissance qui est requise, non une décroissance.

On peut objecter le scandale de l’accumulation non des moyens de production toujours plus performants, mais des stocks de marchandises correspondant à des besoins plus ou moins factices, et aussi des déchets et détritus… Cela indique simplement qu’une autre croissance que l’actuelle, un autre type d’encadrement du marché, un autre modèle de satisfaction des besoins, bref un modèle viable de développement durable, est nécessaire. Le problème qui se pose alors est celui des voies et moyens de la transition de notre système actuel vers le développement durable.

5 Comments:

Blogger Gaëlle said...

Première visite, première lecture, et arrivée en bas du billet cette pensée "C'est tout ? Et la suite ! Il ne va pas s'arrêter là, c'était intéressant !"
Puis mon regard a glissé dessous et je m'aperçois que c'est toute une thèse qui se déroule devant moi... J'attendrai donc la suite avec intérêt, peut-être pas impatience vu qu'il faut que je regarde les loooongs billets du dessous, qui m'ont l'air autrement ardu à lire que mes romans fantastiques. Va falloir remettre le cerveau en marche, si Gaëlle, tout à fait, comme avant les élections. Ya pas de raison de s'arrêter après, il paraît.

Pour le contenu, je suis assez d'accord avec toi, d'autant que "décroissance" ne signifie pas la décroissance de tout. Ca me rappelle 85 minutes de "débat" entre Alain Lipietz et Alain Juppé notamment sur ce sujet, dont j'ai entendu des bribes ce week-end entre deux crises d'éternuement. Trouvable sur le site d'Alain Lipietz.
J'y reviendrai quand je serai en vacances !

5/12/07  
Anonymous Benoa, pape said...

Cheu brébare un "Melguior bour les Nuls" en tis-zept folumes. Baruzion cheu neu zais guand.

5/12/07  
Blogger Melchior Griset-Labûche said...

@ Gaëlle
Je crois que nous pouvons tomber d'accord pour rejeter la décroissance globale et promouvoir des décroissances sectorielles (reste à savoir dans quels secteurs et par quels moyens).

@ Benoa
Un dix-huitième volume serait le bienvenu, consacré à l'index et à la bibliographie; merci d'y penser.

6/12/07  
Blogger Gaëlle said...

Euh... je propose la décroissance nucléaire. Et la décroissance des idées de droite au profit des idées de gauche.

13/12/07  
Anonymous mc said...

Seuls les sots CROIENT VRAIMENT que le terme décroissance implique une décroissance globale.

Seuls les gens de mauvaise foi le PRETENDENT (pour dénigrer le concept).

Un bon slogan, qui dit bien l'objectif: "Moins de biens, plus de liens". A chacun de balayer devant sa porte!

31/12/07  

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