Saturday, January 19, 2008

Utilité économique et utilité sociale.

L’un des gros problèmes des utilisateurs de l’économie politique, c’est que les mots sont empruntés à la langue courante, mais pris dans un sens souvent différent. Ainsi « utilité» et ses dérivés.

Sans porter aucun jugement de valeur, les mines anti-personnel sont « utiles », au sens économique: elles ont une valeur d’usage, les gens qui en ont besoin ne les fabriquent pas eux-mêmes mais les trouvent sur un marché, elles ont donc une valeur d’échange, et les gens qui les fabriquent font un travail « utile », économiquement parlant; cela ne veut pas dire qu’elles sont socialement, moralement ou politiquement utiles (il se trouve que les Finlandais, peuple et gouvernement parmi les plus évolués et pacifiques, sont de cet avis pourtant; comme quoi…) ni que Handicap International ait tort de faire campagne pour leur interdiction.

Inversement, des recherches sur les énergies renouvelables ont longtemps été « inutiles », car ne répondant à aucune demande solvable; c’est en train de changer.

Devant cette discordance entre la pente naturelle de l’économie de marché et du capitalisme financier qui la chapeaute et la chaperonne aujourd’hui, et des besoins humains non satisfaits tels qu’ils sont exprimés plus ou moins véhémentement, trois attitudes sont possibles (en gros et en négligeant les sous-variétés):

- soit on « laisse courir », on s’en remet au marché pour résoudre spontanément les difficultés (si le système a besoin de rustines, il se crée un marché de la rustine).

- soit on rejette en bloc l’économie de marché, on met aux commeandes l’utilité sociale (et vite morale, politique, puis philosophico-religieuse) telle que la conçoit un bureau politique flanqué d’organismes de planification.

- soit on s’en remet à l’Etat démocratique épaulé par la conscience citoyenne pour prendre les mesures propres à vider, assécher, évacuer l’utilité économique des biens politiquement nuisibles et à créer ou soutenir, artificiellement, l’utilité des biens économiquement inutiles mais socialement utiles.

C’est cette troisième voie que j’appelle « cultiver son jardin » (jardin planétaire: il faut une concertation internationale): substituer à l’économie de marché sauvage l’économie de marché domestiquée (pourquoi se priver d’un moteur extrêmement puissant ? Mais il faut le contrôler par des freins et une direction).


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1 Comments:

Blogger Gaëlle said...

... ah ouais d'accord. Rien à redire pour le coup. Je crois. Pour l'instant.

Ah si : pas moyen de glisser un flux rss quelque part pour voir quand de nouveaux commentaires sont postés et où ?

b'nuit.

23/1/08  

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